Bonsoir Folks, je vous rajoute ici des extraits de background de mon univers fantastique de l'Outrepla, déjà exposé précédemment et décrits dans le passé dans d'autres blogs. Pour une fois, nous allons partir du cas particulier pour aller vers le général.

Ce dessin est à la fois une des plus anciennes et une des plus fidèles représentations de la cosmogonie des différents royaumes d'existence, ensemble que l'on surnomme à défaut "l'outreplan".

L'original a été trouvé dans une maison de Potsdam, état du Brandebourg, à la fin de la Guerre de Trente ans. Il s'agit de l'œuvre de Faustman Geremeck, un protestant polonais qui y a élu domicile dans les dernières années de sa longue vie. On connaît surtout cet homme, professeur et homme de lettres, sous le surnom de "Faustinus". Il vivotait discrètement en réalisant contre argent nombre de copies et traductions de textes, le plus souvent des classiques.

Faustinus, savant mystérieux et désargenté, a laissé derrière lui un étrange manuscrit à l'écriture indéchiffrable. Ce texte, d'après les témoignages de ses rares amis et connaissances, lui aurait été dicté par des "voix désincarnés", or ce sont ces étrangetés de comportement qui ont précisément achevé d'isoler Faustinus du corps enseignant. En réalité, ce sont les centaines de "gloses" (commentaires) en allemand et en latin qui ont permis à ceux qui découvrirent le manuscrit de savoir de quoi il s’agissait : Faustinus avait en fait réalisé un travail de vulgarisation à partir de données dictées depuis d'autres royaumes par des entités inhumaines, un ouvrage qui n'avait donc rien à voir avec les divagations d'un fou.

C’est plus particulièrement une feuille volante insérée dans le volume (et, ironie de l’histoire, dessinée sur une page de garde arraché à une ancienne bible) qui alerta les autorités du prince-électeur de Brandebourg. Celle-ci comportait un schéma réalisé à la main, d’une simplicité et d’une clarté perturbantes. Il devait être plus tard à la base de nombre de représentations humaines de l’Outreplan… Les agents du prince n’avaient pas conscience de la valeur de l’objet sur lequel ils avaient mis la main : ils étaient simplement venus vider la maison d’un vieux savant mort criblé de dettes. Chose étrange, Faustinus avait certains livres et objets rares dont la vente permit de rembourser les créanciers : notamment une bible enluminée sur parchemin dont provenait la feuille du schéma et qui, à elle seule, a suffi à racheter sa pauvre maison.

 

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Un temps conservé dans la bibliothèque du Prince de Brandebourg, le manuscrit indéchiffrable de Faustinus fut revendu avec d’autres curiosités à un naturaliste français en exil : Julien Maisonforte, un protestant berrichon fuyant la révocation de l’édit de Nantes. Maisonforte n’était pas seulement un savant, il était aussi un chevalier militant de la Cabale Saint-Martin (faction résistante dont il sera question plus tard NdlA).

C’est de cette manière que le précieux « schéma de Faustinus » échut entre les mains de cette société secrète et permit des progrès considérables dans la connaissance encore balbutiante des Royaumes d’Outreplan. Grâce à cette simplification et les annotations du manuscrit, les Chevaliers de la Cabale purent mettre des noms sur les différentes dimensions et certaines de leurs entités : un travail qui se rapprochait des classifications latines des naturalistes à propos des animaux terrestres. Les chevaliers purent réaliser que la Terre, monde compris dans le royaume de la Matière, était au centre des jeux de pouvoir et des affrontements opposant des créatures défiant l’imagination : la matière constituant de fait l’élément stable et nourricier de la cosmogonie des plans. L’étrange livre ne put être recopié entièrement tant la graphie des phrases était nébuleuse et inhumaine : cependant, Maisonforte et ses amis ne manquèrent pas de numéroter et de reproduire les commentaires latins et allemands.

Hélas, sur toutes les copies réalisées à cette époque, seules huit échappèrent aux autodafés du IIIème Reich. C’est d’ailleurs au cours de la sombre période de la Seconde Guerre Mondiale que périrent près de la moitié des chevaliers de la Cabale en Europe, beaucoup étant soi la cible des régimes totalitaires, soient impliqués dans des activités de résistance. Il s’en fallut même de peu pour que ces connaissances de l’Outreplan ne tombent entre de mauvaises mains : Hitler, mis au courant de l’existence du manuscrit, refusa dans un premier temps de croire à l’information mais son bras droit, Rudolf Hesse, membre de la société de Thulé et expert en ésotérisme, mit tout en œuvre pour s’en emparer. Sa mission et sa captivité en Grande-Bretagne mirent fin prématurément à ce funeste projet…

 

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La version présentée ici date de cette période, il s’agit d’une copie réalisée de mémoire par Syveline Maître, une jeune institutrice résistante et chevalier militante de la Cabale Saint-Martin. Malgré ses défauts mineurs de transcription, cette version est parfaitement lisible. Syveline parvint, avec une poignée de chevaliers, à soustraire l’original et ses dernières copies aux nazis pour les cacher au Dahomey (le futur Bénin), un territoire relativement épargné par la guerre et où la jeune femme, qui y avait enseigné, pouvait compter sur quelques contacts sûrs.

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Depuis, le schéma originel est revenu en France où sa localisation est gardée secrète depuis 1945 par la Cabale, les copies de l’époque de Maisonforte ayant été dispersées dans d’autres pays…